ENQUÊTE SUR LES MONDES SORCIERS, T3: L’ENVOÛTEMENT, Rennes, Ouest-France, 2016.


Dans « le Désenvoûtement » et « l’Affrontement », les deux précédents tomes de la trilogie « enquête sur les mondes sorciers », Dominique Camus nous a fait découvrir qu’être envoûté, c’est être accablé par une multitude de malheurs sensés provenir d’un jeteur de sorts.

Mais qui est ce mystérieux personnage qui s’acharne ainsi à la perte de ses victimes et dont les « pouvoirs » semblent sans limite ? Un tel être n’est-il pas le fruit de notre imagination, la personnification commode de nos peurs et de notre incapacité à les surmonter ?

Dans cet ouvrage qui relate une incroyable affaire de vengeance amoureuse se déroulant dans l’univers aseptisé d’un hôpital d’une grande ville, l’auteur nous montre que cet homme existe bel et bien. A ses côtés nous assistons au quotidien à tous les rituels que met en œuvre un sorcier pour faire tourner la roue du destin en faveur de sa cliente et comment il procède pour se prémunir des « influences négatives » et d’un toujours possible « retours des sorts ».

La réalisation des pentacles et autres talismans est ici à l’honneur, tout comme les techniques sensées permettre d’opérer à distance ou de mobiliser des forces à cette fin, par exemple la transmission de pensée, le maniement d’énergies, la sortie hors corps…

Autant de façons de faire que l’auteur passe au crible de l’analyse scientifique. Et celle-ci nous révèle qu’elles sont parfois issues d’un savoir fort ancien, dont on peut avoir trace dans les fameux « grimoires », et que cette connaissance n’est pas dénuée de fondements.

Au terme de cette plongée dans ce monde si étrange, une certitude s’impose au lecteur : la ligne de démarcation entre « magie blanche » et « magie noire » est bien plus ténue qu’on ne l’imagine.